Peuple & Culture Marseille : rencontre avec Nisrine Hassouni

Le jeudi 1er octobre 2020 au Coco Velten, les étudiantes du master franco-allemand en médiation culturelle ont rencontré Nisrine El Hassouni, coordinatrice de projet de l’association Peuple & Culture Marseille.

Partons à la découverte d’un lieu, d’une association, d’un parcours professionnel en médiation et d’une production – 65 Rue d’Aubagne – avec Nisrine El Hassouni.

Le Coco Velten, qu’est-ce que c’est ?

Nisrine a commencé par nous présenter le lieu dans lequel nous nous trouvions : le Coco Velten, situé dans le quartier de Belsunce, 16 Rue Bernard du Bois. Il est né d’une initiative de la Préfecture de réinvestir un bâtiment vacant en y proposant des logements sociaux. Ce projet est piloté par l’association Yes We Camp, qui porte la convention d’occupation temporaire du bâtiment et gère l’ouverture au public du lieu. Le Coco Velten est ce qu’on peut appeler un tiers-lieu, l’objectif premier d’un tel lieu est de créer du lien au sein du quartier, d’être un espace de rencontres, un espace pensé pour le collectif.

Le projet est avant tout construit autour de l’idée d’hébergement social mais il sert aussi d’espace de travail pour des associations, artistes, petites entreprises. Le Coco Velten abrite aussi une cantine et présente une programmation d’événements sociaux et culturels.

L’association Peuple & Culture Marseille

Nisrine nous a ensuite parlé de l’association plus en détail. Peuple & Culture Marseille existe depuis 2003, mais ne s’est installée au Coco Velten que récemment, en janvier 2019, avec un bail de 3 ans, à la suite d’un appel à candidatures pour occuper les bureaux disponibles. Elle fait partie de l’union nationale Peuple & Culture née en 1945. Peuple & Culture s’inscrit dans la lignée de l’éducation populaire, qui promeut la formation de l’individu tout au long de sa vie, l’éducation étant force d’émancipation et de transformation de l’individu. L’éducation populaire encourage l’individu à participer à la vie publique, à participer de l’émergence d’une conscience collective. Peuple & Culture est un petit réseau qui compte 13 associations en France et en Belgique.

Peuple & Culture s’inscrit dans la lignée de l’éducation populaire

Les différentes associations ont des axes communs de programmation. Ils peuvent répondre à des appels à projets ministériels. Par exemple, dernièrement ils ont pu répondre au projet des vacances apprenantes à l’été 2020. A Marseille l’association s’axe surtout sur la langue et l’image, le cinéma documentaire. L’association mène des actions de diffusion, de médiation et occasionnellement d’animation avec les habitants du Coco Velten et du quartier. Elle intervient en collèges et lycées, centres sociaux, maisons d’enfants à caractère social (MECS), centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS). Le travail sur la langue se déploie notamment grâce à la médiation de la littérature, de livres, à travers des ateliers d’écriture, des lectures-rencontres avec les écrivains, comme celle prévue pour le soir-même avec l’autrice et poétesse algérienne Souad Labbize, en partenariat avec la librairie Transit.

Rencontre dans le bureau da la association entre les étudiants et Nisrine El Hassouni / Treffen im Büro des Vereins zwischen den Studierenden und Nisrine El Hassouni
Foto : Maja Pannes

Les actions peuvent encore prendre la forme de projections de films suivies d’échanges, d’ateliers de formation, de pratique, d’ateliers de spectateurs-programmateurs. L’association est financée par la ville de Marseille, la région, la direction régionale des affaires culturelles (DRAC). Elle est financée par d’autres partenaires encore selon la spécificité des projets, notamment par le centre national du livre (CNL), mais aussi par la société des auteurs, compositeurs et éditeurs de la musique (SACEM), la société française des intérêts des auteurs de l’écrit (Sofia). Elle peut aussi être financée par des fondations privées. L’association a déjà organisé des projets franco-allemands, avec l’office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ). Pendant la pandémie de Covid-19, l’association a maintenu certaines activités, notamment des ateliers sur la médiation avec les adolescents. Ils ont également mobilisé un réseau de bénévoles pour offrir du soutien scolaire pendant le confinement. La plus grande problématique de l’association est celle du financement, afin de pouvoir mettre en place ses projets.

Le parcours de Nisrine El Hassouni

Nisrine El Hassouni s’occupe de la coordination générale, des aspects administratifs, financiers de l’association et participe aussi à la programmation, à la communication. A noter qu’elle est freelance, et non salariée de l’association. Elle nous a partagé au cours de cette rencontre son parcours universitaire et professionnel. Après avoir étudié la sociologie et l’ethnologie, elle a suivi une maîtrise des sciences et techniques de médiation, au cours de laquelle elle a passé un semestre à Hildesheim. Elle a travaillé dans plusieurs structures à Marseille, notamment La Compagnie dans le quartier de Belsunce, un peu à Peuple & Culture Marseille en tant que chargée des actions de médiation, puis après avoir un peu voyagé elle a travaillé pendant 6 ans au Théâtre La Cité, dans laquelle elle a contribué à la biennale des écritures du réel. Elle a également suivi un autre master, à l’institut de management public et gouvernance territoriale (IMPGT) en administration publique, puis elle est revenue travailler pour l’association Peuple & Culture Marseille. Pour Nisrine, l’action de médiation est un lien à inventer, à construire entre un public et le rapport à l’œuvre, entre la pratique artistique et un territoire, une structure. Elle insiste sur la notion de lien.

Nisrine El Hassouni,
Foto : Maja Pannes

La production 65 Rue d’Aubagne

65 Rue d’Aubagne, comme nous le précise Nisrine, est une production de Peuple & Culture Marseille, c’est-à-dire que c’est l’association qui a rassemblé les moyens financiers, humains, techniques pour que ce projet voie le jour. Tout est parti d’une envie de travailler avec Annika Erichsen, une connaissance de Nisrine El Hassouni. L’opportunité s’est présentée avec l’appel à projet de Manifesta 13, biennale européenne de création contemporaine présentée à Marseille en 2020. Elles ont donc déposé leur candidature dans la programmation des Parallèles du Sud. Annika Erichsen avait déjà fait un documentaire pour une radio allemande sur l’effondrement des immeubles au 65 Rue d’Aubagne à Marseille en 2018. La présentation du projet a duré un mois, au cours duquel il a reçu 300 visiteurs. La réalisation a une toute petite jauge de public, puisque seules 4 personnes peuvent voir la vidéo à la fois. Cet effondrement d’immeubles est un sujet très sensible, qui a beaucoup marqué et bouleversé les Marseillais. La production est en fait une association entre sons et images, témoignages, à la manière d’un documentaire. Nous avons eu la chance de voir cette œuvre après la rencontre avec Nisrine El Hassouni, qui nous a fortement émues par l’authenticité des voix et des propos.
Cette rencontre nous a permis de découvrir le Coco Velten, l’association Peuple & Culture Marseille, leur production 65 Rue d’Aubagne et le parcours professionnel riche et inspirant de Nisrine El Hassouni réalisé après le cursus franco-allemand en médiation. Nous remercions Nisrine d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Article écrit par Sarah WASNER-LAUNOIS


Master binational médiation culturelle des arts, promotion 2020-2022
Hi ! Je viens du Grand-Est. Après une licence de langues (anglais-allemand) et un an en tant qu’assistante en classe de grande section aux Etats-Unis, je me retrouve dans ce master, motivée par un intérêt et une curiosité pour l’art et la culture. Je suis passionnée par le spectacle vivant, et plus particulièrement le théâtre et la danse.

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